Interrogé par Les Echos à la mi-juillet, Alexandre Jubien, l’un des fondateurs de l’association Music for Planet, regrettait : « Il n’y a pas de grande œuvre musicale contemporaine sur l’écologie qui soit devenue un tube mainstream ». Il a raison. A part peut-être Beds are burning de Midnight Oil (1987), que Radio Nostalgie continue de jouer sans que quiconque ne comprenne qu’il y est question des droits des aborigènes, et, à l’échelle nationale, Les séquoias de Pomme (2019), aucune chanson à caractère ouvertement écologiste ne fait l’unanimité. Ce n’est pas faute de sujets populaires. L’arrestation du fondateur de Sea Shepherd, le capitaine Paul Watson, en juillet 2024 et sa détention à Nuuk, la capitale du Groenland, jusqu’en décembre de la même année a provoqué une très vive émotion en France. L’auteur-compositeur Matjé a souhaité soutenir Sea Shepherd France dans cette épreuve et a écrit la base d’une chanson que ses nombreux amis ont développé. Au final, on retrouve sur son titre, Mal à la mer, quelques grands noms de la chanson réaliste française (Les Ogres de Barback, Mourad de La Rue Kétanou, Fred de Karpatt, Karimouche, Renaud…), une fanfare béninoise, Eyo’nlé, un comique, Guillaume Meurice, et la Présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali.
Est-ce parce qu’elle est sortie 6 mois après les faits, à l’occasion du Sommet de l’ONU sur les océans, que la chanson n’a pas marqué les esprits ? Possible… Quasiment au même moment, le rappeur Lémofil publiait chez Mangroove Music un titre enregistré avec Paul Watson lui-même : La folie des hommes. Le succès a été plus franc. Mais qu’est-ce, de toute façon, que quelques dizaines de milliers d’écoutes sur Deezer ou Spotify ? L’essentiel est que, même localement, même minoritairement, une communauté se soit soudée un instant autour des défenseurs des mammifères marins…
Photo de têtière : François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site web de Matjé
Le site web de Sea Shepherd France