Quand on vit au pied du Mont-Blanc, le changement climatique saute aux yeux à chaque instant. Ce sommet qui incarne à la fois la puissance et la fragilité est la principale source d’inspiration de Gaïa, le nouvel album du violoncelliste Gautier Capuçon, qui est né à Chambéry et a grandi en Savoie. L’enfant prodige a depuis fait le tour du monde et glané mille récompenses (Victoires de la musique, Borletti-Buitoni Trust Award, Echo Preis…) mais il reste attaché aux pics alpins.

Pour les honorer, il a commandé de nouvelles partitions à 16 compositrices ou compositeurs d’aujourd’hui. Chacune ou chacun évoque la terre à sa façon, dans son langage. Certaines pages sont très classiques, voire néo-classiques (Air de l’Italien Ludovico Einaudi), d’autres plus cinématographiques (Prélude de Joe Hisaishi, le compositeur fétiche d’Hayao Miyazaki), d’autres encore toniques (Boreas d’Armand Amar), voire pop (Wake de Jean-Benoît Dunckel, du duo french touch Air) ou bigarrées (Toro Tsa Kwa du Sud-Africain Abel Selaocoe), d’autres enfin très proches de la musique électronique (Never say never du Français Michaël Canitrot). Les émotions se succèdent. L’auditeur passe de la douceur à la colère, de la contemplation à la détermination au fil des coups d’archet de Gautier Capuçon.
Sequence for Gaïa de Max Richter incarne mieux que toute autre l’état d’esprit de cet album : désolé mais décidé, inquiet mais certainement pas résigné. Il y a une part de courage dans ce projet qui s’écarte par moments des attentes des amateurs de musique classique. Au-delà d’une sélection de partenaires novateurs, Gautier Capuçon a démontré son audace en grimpant sur la montagne violoncelle au dos pour les besoins de la vidéo. Une image qui restera longtemps gravée dans les mémoires…
Photo de têtière : Laurentgraphiste (via Pixabay)
Pour aller plus loin...
Le site web de Gautier Capuçon