Prix Coal : un artiste rêve d’installations sonores pour les animaux

Pour la deuxième fois, l’association Coal organise un prix artistique destiné à distinguer un étudiant d’une école d’art qui aborde dans ses œuvres les enjeux environnementaux.

En 2020, c’est L’envers d’un monde, projet porté par quatre étudiants du Centre national des Arts du Cirque (Erwan Tarlet, Maria-Jesus Penjean Puig, Marin Garnier et Giuseppe Germini), qui a été récompensé.

Cette année, Jérôme Girard figure parmi les finalistes. Paradoxalement, cet artiste issu de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs ne propose pas une création visuelle mais sonore. « Il est vrai que les pratiques sonores ne sont pas très développées aux Arts Décos » reconnaît-il. « Ça change. Bertrand Gauguet, un artiste sonore, y enseigne depuis 4 ans. Mais, à l’école, la vue reste prédominante. » Lui, au contraire, travaille principalement sur l’audition. Ses créations récentes en témoignent. Pneuma est une cornemuse géante, qui évoque le Jardin des délices de Jérôme Bosch, et Bourdons (Rhiz’o’matiques) de déconcertantes sculptures bruissantes. Quand on l’interroge sur cette passion pour le son, il répond qu’elle lui vient de son enfance, « passée en Haute-Savoie, souvent dans la montagne mais aussi auprès d’une mère qui est musicienne, qui joue de la musique traditionnelle. Moi, j’ai pratiqué la musique électronique. J’ai commencé par la techno. Je m’en suis progressivement détaché, quand j’ai découvert l’enregistrement de terrain. Cette pratique m’a ouvert des portes gigantesques pour composer à partir des sons de la nature. L’audition est un sens qui va beaucoup plus loin que la vue. Elle nous permet une perception de l’espace, de l’environnement bien plus vaste. C’est particulièrement vrai en forêt. Des artistes que j’apprécie l’ont montré : Bernie Krause, Marc Namblard, Francisco López… ».

Illustration de Jérôme Girard (tous droits réservés)

Pour le Prix Coal, Jérôme Girard a proposé Sous ces voûtes intranquilles, un travail de longue haleine : « Je souhaite constituer des archives du vivant : enregistrer toutes les strates du vivant dans une forêt, des chauves-souris au bruit du vent, du chant des oiseaux aux échanges des champignons, que j’aimerais traduire en son » explique-t-il. « J’aimerais aussi collecter les histoires que les gens racontent autour de la forêt ou les paroles des usagers de la forêt. A partir de tous ces enregistrements, je réaliserai une composition. Je ferai également des installations sonores qui seront destinées aux humains (les passants, les promeneurs) et au monde animal. Le vent ou la pluie pourraient les animer. Des oiseaux pourraient jouer avec elles. Je ne sais pas s’ils le feront mais j’aimerais leur en offrir la possibilité et voir ce que cela donne. »

Jérôme Girard saura le 16 juin, lors de la remise des prix, s’il en aura les moyens…


Post scriptum… Le 16 juin, la nouvelle est tombée : le Prix étudiant COAL – Culture & Diversité a été remis au projet Sous ces voûtes intranquilles de Jérôme Girard, étudiant à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, lors d’une cérémonie organisée au musée de la Chasse et de la Nature à Paris, en présence des membres d’un jury d’experts de l’art, de l’écologie et de la recherche placé sous la présidence de Christine Germain-Donnat, directrice du musée de la Chasse et de la Nature, et de Joëlle Zask, philosophe. Félicitations !

Photo de têtière : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site de l'association Coal, qui aborde la question écologique par la création artistique

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