Starter : la filière musicale se met en route vers l’écoresponsabilité

L’industrie musicale existe-t-elle ? Il existe bien sûr trois multinationales – Universal, Sony et Warner – qui contrôlent les deux tiers du marché de la musique enregistrée, un marché de nouveau en hausse (21,6 milliards de dollars en 2020). Du côté du spectacle vivant se dressent aussi quelques titans, tels que Live Nation qui annonçait un chiffre d’affaire de 11,5 milliards de dollars en 2019. Mais que pèsent ces petits géants face, par exemple, au secteur de l’automobile, où le seul Volkswagen réalisait en 2019 un chiffre d’affaire de 278,2 milliards de dollars ? Et sont-ils réellement représentatifs de l’activité musicale ? Force est de constater que l’immense majorité des artistes dont il est question dans ces pages ne dépendent pas de multinationales. La production musicale est en effet principalement l’affaire d’une nébuleuse de petites structures au chiffre d’affaire modeste. Pas de robotisation dans ces toutes petites entreprises, pas de duplication à l’infini d’une même recette (et donc pas d’ « industrie » comme on peut la concevoir depuis le taylorisme) mais, au contraire, l’inventivité constante d’artisans passionnés, un besoin pressant de se démarquer…

Paradoxalement, s’adapter au changement est parfois plus facile pour un groupe industriel que pour une petite entreprise : le premier dispose généralement d’un service « recherche et développement », de relais puissants auprès des autorités et de conseils avisés. Parce qu’elles ne relèvent pas de l’industrie, les petites structures musicales prennent parfois du retard. Elles savent pourtant s’organiser. En témoigne le lancement du projet international Starter…

« L’objectif principal de Starter est de rendre les tournées plus écoresponsables » explique Samuel Ferreira, chargé de mission au Grand Bureau, le réseau des professionnels des musiques actuelles en Auvergne-Rhône-Alpes. «  Starter a été lancé en janvier 2020 mais le Covid a retardé les choses. Malgré tout, on a pu réaliser des questionnaires et rédiger des recueils de bonne pratique. On s’adresse aussi bien aux producteurs de spectacles qu’aux artistes ou qu’aux lieux qui les accueillent. L’écoresponsabilité passe par des « riders » (des listes de souhaits) mieux conçus : pas de bouteilles sur scène, plutôt des gourdes, des produits de saisons, locaux, dans les loges, servis dans de la vaisselle lavable… Cela passe aussi par le choix de matériaux pour la technique, si possible démontables et adaptables, sans plastique, éventuellement issus de l’économie circulaire mais surtout réutilisables… »

Starter fédère une vingtaine de réseaux (Grand Bureau, donc, mais aussi le Cofees, Collectif des Festival Eco-Responsables et Solidaires en région Sud, France Festivals, le Collectif des festivals en Bretagne…) ou d’associations (Arviva, Music Declares Emergency, Bye Bye Plastic…). Son site web et ses nombreux représentants prodiguent de pertinentes informations sur l’alimentation, les déchets, les déplacements, l’hébergement, l’énergie, les questions de scénographie… Et, comme le raconte Samuel Ferreira, la demande est grande : « On organise régulièrement des temps de travail sur les questions d’écoresponsabilité. On constate que de plus en plus d’artistes, de plus en plus de structures, cherchent à mettre cette problématique au centre de leur projet. C’est souvent plus facile pour un festival qui débute aujourd’hui que pour un festival qui existe depuis 20 ans et qui doit repenser tout son fonctionnement. Quoi qu’il en soit, on sent un vrai attrait pour ces questions-là, une véritable motivation face à ces défis, et cela de la part de tout le secteur, aussi bien les salles que les artistes, leurs producteurs, les festivals… ».

Avec Starter, toute la filière est prête à démarrer…

Photo de têtière : François Mauger
Photo d'illustration fournie par Starter
Pour aller plus loin...
Consulter le site web de Starter

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