20 000 sons sous les mers

Cousteau avait tout faux : la mer n’est pas le monde du silence. Bien au contraire. De nombreux chercheurs se passionnent pour la façon dont les crustacés perçoivent et habitent leur environnement sonore. En particulier, Laurent Chauvaud, directeur de recherche du laboratoire BeBest (Benthic Biodiversity Ecology, Sciences and Technologies) à Brest.

Ce spécialiste de l’écologie « benthique » (c’est-à-dire des fonds marins) s’est énormément intéressé à la coquille Saint-Jacques, un mollusque qui a la particularité de graver sur sa coquille des traces du temps qui passe. Pour l’observer, son équipe a pensé à l’enregistrer et a alors plongé dans un « océan de sons », pour reprendre l’expression de David Toop : frottements d’antennes, crissements d’icebergs, moteurs de bateaux… Ces chercheurs avaient déjà impliqué des photographes et des plasticiens dans leurs expéditions. Ils ont décidé de partager leurs enregistrements avec des musiciens.

Par l’intermédiaire de La Carène, une salle de spectacle installée dans le port de Brest, trois producteurs de musique électronique ont été contactés : Vincent Malassis, Maxime Dangles et François Joncour (alias Poing).

Les trois hommes ont été stupéfaits de la richesse sonore de l’univers auquel ils avaient soudain accès. Le premier a conçu l’exposition « The Noisy World » pour le centre d’art contemporain brestois La Passerelle et publié un disque du même, porteur de titres aussi évocateurs que Sonar Dream ou Lobster Resistance. François Joncour a de son côté entrepris des portraits sonores des chercheurs, qu’il façonne avec la violoniste Mirabelle Gilis. Maxime Dangles, enfin, a présenté une création basée sur les sons marins sous la forme dans un dôme de 13 mètres qui permet de se rapprocher du son et de ses mouvements tels qu’ils sont entendus dans les fonds marins.

Photo : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
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