Le divorce de la musique occidentale et de la nature, selon Bernie Krause

« Voilà des milliers d’années que la musique occidentale ne s’inspire plus de la biophonie »

Bernie Krause, Le grand orchestre des animaux

Le bioacousticien né à Détroit ajoute, cruel : « Comme beaucoup de nos arts, elle est autoréférentielle : nous prenons modèle sur ce qui a déjà été fait en tournant en rond comme un serpent qui se mord la queue ».

Plus loin, le bioacousticien précise « lorsque les compositeurs des trois derniers siècles ont fait valoir que leurs œuvres étaient inspirées par la nature, elles ne reflétaient en réalité qu’une version idéalisée de celle-ci. Elle consistait pour l’essentiel en voix isolées, susceptibles d’être intégrées à leurs compositions de manière prédéterminée, mais ce n’étaient que de faibles échos de la nature », alors que lui ne jure que par la prise en compte de l’intégralité du spectre sonore.

Lui aussi musicien et compositeur, Bernie Krause cite bien sûr quelques contre-exemples : son ami et mentor Raymond Murray Schafer, Charles Ives (« l’une des rares personnes de son temps capables d’écouter vraiment »), David Monacchi, qui « passe autant de temps sur le terrain à écouter et réunir des matériaux qu’à composer »…

Mais, pour lui, ce ne sont que des exceptions.

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Photo : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
Bernie Krause, Le grand orchestre des animaux (Flammarion)

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