Better Rave tente de répondre à « tous les enjeux d’un festival de musique en 2026 »

L’été 2026 restera dans les mémoires de toutes et de tous comme une révélation des difficultés à venir. Du côté de la musique, cela aura été une saison d’événements annulés, de Solidays (à Paris) au Son Continu (dans l’Indre), d’Ecaussystème (dans le Lot) à Musicalarue (dans les Landes)… Cela n’empêche pas de jeunes fous de musique de se lancer dans de nouvelles aventures. Un festival est ainsi né l’année dernière dans le sud de l’Oise, à Mortefontaine, et prépare activement sa seconde édition, qui aura lieu les 28 et 29 août. Baptisé « Better Rave » (un clin d’œil à la plante emblématique des champs voisins), l’événement réunit des artistes émergents de tous genres : Eoline, Cassily, Jungle Sauce, Enea, Sale Gamine, Polyphone, Angie… Discussion avec l’un des co-organisateurs à propos de ce qui le motive et de son intérêt pour les questions environnementales…

Pourquoi avoir décidé de lancer un nouveau festival dans le sud de l’Oise ?

Tom Francés : « Tout part d’une bande de cinq amis, tous originaires de l’Oise. Notre amitié dure depuis longtemps : on s’est connu au Lycée Jean Rostand, à Chantilly. On a toujours été très attaché à notre région, on y revient souvent, même si, maintenant, on a des activités dans d’autres territoires. Ce qui nous unit, c’est l’amour pour la musique. Autour d’un café, on s’est dit « Pourquoi ne pas créer un festival dans notre territoire ? ». L’idée était de concevoir un événement qui répondrait à tous les enjeux qui sont ceux d’un festival de musique en 2026 : des enjeux écologiques, des enjeux de parité et d’inclusivité, ainsi qu’un attachement au local et aux joyaux de notre région. »

Comment avez-vous anticipé les questions écologiques ?

Tom Francés : « C’est un enjeu parfois oublié du monde de l’événementiel et des festivals. On s’est vraiment demandé comment, premièrement, on allait mettre en œuvre cette valeur-là et comment on allait la représenter sincèrement et honnêtement. On met beaucoup de choses en place. Sur notre festival, il y a 100% de nourriture végétarienne. On veut que le public prenne conscience de l’impact écologique que peuvent avoir d’autres types d’alimentation. On utilise zéro plastique à usage unique. Même pas pour les gobelets. Beaucoup d’objets sont d’occasion, grâce à l’appui d’associations telles qu’Emmaüs, chez qui on achète du matériel ou qui nous en prête. Bien évidemment, on essaie de pousser les festivaliers à trier les déchets. On a un partenariat avec la Communauté de communes de l’Aire cantilienne, qui récupère les déchets après leur tri, pour qu’ils soient recyclés. Enfin, on est conscient que Mortefontaine peut être inaccessible. On ne voulait surtout pas que les gens soient obligés de prendre leur voiture pour venir. On organise donc un camping sur place. On essaie de maximiser sa jauge pour accueillir le plus de personnes possible. On organise également des navettes gratuites, en partenariat avec la société Keolis qui, sur des lignes déjà existantes, propose plus d’horaires. L’arrêt de bus est à 50 mètres du festival. Cela nous permet de nous connecter aux gares des alentours, comme Orry-la-Ville-Coye ou Chantilly-Gouvieux. Il devient ainsi facile de venir avec l’empreinte carbone la plus basse possible. D’ailleurs, tous les prestataires sont locaux, ce qui combine deux de nos valeurs : montrer les joyaux de notre région et réduire les distances. Pour la scène, pour les barrières, pour tout, on essaie de réduire les trajets. »

Est-ce qu’il y aura des formes de sensibilisation, de partage de parole ?

Tom Francés : « Pas de prise de parole. Ça, c’est quelque chose qu’on voudrait faire mais on n’a pas encore une scène dédiée à des conférences, des ateliers ou des prises de parole. C’est l’une de nos ambitions pour les prochaines éditions. Néanmoins, il y aura dès cette année des stands de sensibilisation, à la fois sur l’alimentation végétarienne, voire végétalienne, et sur le tri des déchets. Au delà du stand, on écrira sur des panneaux quels sont les éléments à mettre dans quelle poubelle, pour vraiment que le festivalier soit accompagné. »

Photo de têtière : François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site web du festival

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