Florist, le folk qui refleurit à l’air libre

Le disque s’ouvre sur le chant des grillons. Quelques notes chétives se répètent. Un musicien parle. Un autre s’approche. On entend distinctement ses pas sur les planches de bois. Puis il se joint à l’enregistrement…

Le nouvel album de Florist a été enregistré ainsi : sur le porche d’une maison isolée, dans la vallée de l’Hudson, à un peu plus de 200 kilomètres au nord-ouest de New York. Les oiseaux pépient dès que les guitares se taisent, le vent qui se faufile entre les feuilles des arbres entonne dès qu’il le peut quelques couplets et même la pluie se prend pour une section rythmique sur Duet for Guitar and Rain.

Florist est un quatuor d’ordinaire new-yorkais mené par la chanteuse (et guitariste, et claviériste) Emily Sprague dont le premier album, en 2016, s’appelait déjà The Birds Outside Sang (« Les oiseaux chantaient au-dehors »). Emily Sprague a parfois fait bande à part, comme lorsqu’elle a publié Water Memory (2017), un album d’ambient à la fois enveloppant et cohérent. Elle a également signé sous le nom de Florist des morceaux qu’elle avait écrit et enregistré seule, comme sur le bien nommé Emily alone de 2019. Mais elle reste très attachée à ses trois compagnons (Jonnie Baker, Rick Spataro, Felix Walworth, tous multi-instrumentistes) et cet album champêtre est une touchante célébration de l’amitié. Au-delà de ce qui unit ces musiciens, il exalte même toutes les formes de liens, tant qu’ils trouvent un écho dans la nature. En témoigne la commande que Florist a passée à ses fans pour la vidéo de Spring in hours : ils devaient envoyer au groupe des séquences représentant « un cycle, la croissance, les saisons, l’amour ou l’amitié », de façon à ce que ces images soient réunies au final dans un clip bancal mais attendrissant. En témoigne également les paroles de Red Bird Pt 2 (Morning), sur laquelle Emily achève une ballade familiale en évoquant sa mère récemment décédée : « Elle se trouve dans le chant des oiseaux / Elle ne sera jamais partie ».

S’il lui faut vraiment un acte de naissance, disons que la musique folk états-unienne est apparue il y a un siècle dans les plaines de l’Oklahoma balayées par des tempêtes de poussière et traversées par des vagabonds désargentés, une guitare à la main. Ses petits-enfants de l’ère numérique ont bien raison de retourner vers la lumière et le grand air…

Photo de têtière : François Mauger
Pour aller plus loin...
La page Bandcamp de Florist

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.