Vinyle : la révolution verte

Le disque microsillon arrive-t-il à un nouveau tournant dans son histoire ? Apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale afin de remplacer le 78 tours (trop court, trop lourd, trop fragile), le disque que l’on surnomme « vinyle » a connu de nombreux perfectionnements (stéréophonie, pochette imprimée…) et un succès grandissant jusque dans les années 80. Détrôné par le disque compact (CD) puis revenu en grâce, il est à nouveau le support physique le plus vendu au monde. Ce vieux monsieur, bientôt octogénaire, réussira-t-il à s’adapter à son époque et à devenir « vert » ? L’équipe de Green Vinyl Records le croit.

Cette petite compagnie basée à Veldhoven, dans le sud des Pays-Bas, a bénéficié d’un financement de l’Union Européenne pour mettre au point des microsillons sans polychlorure de vinyle (le fameux « PVC », dérivé du pétrole). Joint au téléphone, Harm Theunisse, le dirigeant de la société, refuse de donner la recette précise du mélange qu’il utilise (ce qui peut se comprendre). Mais le résultat est là : la base de ses disques microsillons est à 100% recyclable. Elle n’inclut ni PVC ni phtalates (des adjuvants classés comme substance cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques par l’Agence Européenne des Produits Chimiques ). Sa préparation nécessite moins d’énergie et permet donc une réduction des émissions de carbone de plus de 90%.

A ce jour, l’équipe de Green Vinyl Records est toute petite : la société ne salarie que 6 personnes. La majeure partie de leur temps de travail est consacré à de nouveaux tests pour perfectionner leur produit. « Notre son est aujourd’hui très bon, l’espérance de vie de l’un de nos disques tout aussi bonne : il peut être joué plus de 400 fois sans être endommagé » se félicite déjà Harm Theunisse.

Les occasions de s’en assurer vont enfin arriver. Un premier disque est sorti de leur entrepôt : une compilation d’enregistrements du bluesman Otis Rush, réalisés entre 1956 et 1958 pour le label Cobra. « J’ai beaucoup d’autres demandes, avec projets très intéressants » assure Harm. La compilation conçue par l’association DJs for Climate Action devrait, par exemple, être pressée avec ce procédé.

Comment reconnaître ces disques écologiques chez les disquaires ? « Ils sont légèrement plus plats », répond Harm, « et, surtout, ils portent la mention « GVR Sound », pour « Green Vinyl Records Sound », comme certains films portent la mention « Dolby Surround » ». La technologie hollandaise sera-t-elle aussi durable que celle de Ray Dolby, dont le nom orne bien des génériques depuis La guerre des étoiles ?

Photo de têtière : Cénel et François Mauger
Photos d'illustration fournies par Harm Theunisse
Pour aller plus loin...
Le site web de Green Vinyl Records

Commentaires

  1. FORT a écrit :

    espérons que cela fonctionnera, car le retour au vynil est pour le moment une catastrophe écologique!

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