« Digger » : Cosmo Shledrake signe une bande-sonore très animale

Qui aurait pu prédire que Cosmo Shledrake collaborerait un jour avec Tom Cruise ? L’acteur n’a pas besoin d’être présenté. Depuis le premier Top Gun, en 1986, il incarne la face la plus séduisante d’Hollywood. Ses films d’action, notamment la série Mission impossible, attirent les foules de Bogota à Djakarta. Cosmo Shledrake, lui, est tout le contraire d’une star planétaire. Il a choisi de faire carrière dans la musique, certes, mais il le fait à sa manière, relativement solitaire. Ses chansons sont placées sous le signe de l’enfance, d’un non-sens éminemment britannique et de l’environnement sonore. Il aime, en particulier, enregistrer oiseaux, batraciens et mammifères marins et les intégrer dans ses compositions, reversant à des sociétés de protection des animaux une partie de ses royalties.

Cosmo Sheldrake n’est pas un ermite pour autant. Il a composé la musique qui accompagnait une série de pièces de Samuel Beckett jouées à Londres et l’une de ses chansons a illustré une publicité pour Apple aux États-Unis.

Comment le trentenaire s’est-il retrouvé embarqué dans l’aventure d’une super-production au budget démesuré (plus de 160 millions de dollars, d’après le magazine Variety) ? C’est probablement à l’entourage du réalisateur Alejandro González Iñárritu qu’il faudrait le demander, voire au réalisateur lui-même, responsables d’immenses succès au box-office (Birdman, The Revenant…) autant que de films moins hollywoodiens, comme Amours chiennes ou Biutiful.

Toujours est-il que Digger, colossale comédie à propos de la folie qui a saisi l’Amérique de Trump, est soutenue par la musique d’un jeune Anglais passionné par la vie animale. Bien sûr, la bande-annonce est rythmée par le sarcastique Burning down the house des Talking Heads, à la demande des producteurs du film, qui souhaitaient que le public soit surpris par le film. Bien sûr, deux chansons des Ink Spots, un groupe afro-américain des années 1930, ponctuent le long-métrage, qui s’achève par une chanson de Melanie, Look what they’ve done to my song, Ma.

Mais le film s’ouvre bien sur les chants d’oiseaux d’Avian elegy et tout l’univers de Cosmo Sheldrake s’y déploie, entre sifflements, échos de fanfares, notes alanguies et emprunts au vivant. Jamais la pop animale de l’auteur de Eye to the Ear n’aura été entendue aussi loin…

Photo de têtière : Shreya O.S. (via Pixabay)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *