Forum des paysagistes sonores 2022 : partager le monde

Lyon, samedi 29 janvier… Des mondes se succèdent sur scène. Au Périscope, une salle de concert accolée à la gare de Perrache, les organisateurs du Forum des paysagistes sonores ont invité une pléiade d’artistes à présenter leur travail. Peu à peu, des points de passage d’un univers à l’autre se dessinent, au-delà du seul concept de paysage sonore. Le plus évident est le partage : les espaces décrits sont grand ouverts, chaque créateur s’efforçant d’en donner les clés au public…

Benoît Frech, par exemple, organise des promenades sonores dans une châtaigneraie des bords du lac Léman. Avec ses micros, il fait entendre à des visiteurs sidérés les merveilles de la biophonie (le son du vivant : un hérisson sous les feuilles, l’agitation d’une fourmilière…) ou de la géophonie (le son des éléments) locales.

A Marseille, Caroline Boë s’intéresse plus à l’anthropophonie (les sons d’origine humaine), voire à ce qu’elle nomme la « technophonie » : le bruit des machines qui fonctionnent par elles-mêmes. Lorsqu’elle n’est pas occupée à organiser des parcours d’écoute, elle enregistre ces frigidaires, photomatons et autres automates. Puis elle met ces échantillons à la disposition de tous sur une plate-forme participative, anthropophony.org.

Xavier Saïki traverse des mondes imaginaires avec les enfants. Il leur fait inventer des oiseaux hautement fantaisistes, dont ils créent les appels et le paysage sonore en chantant, en froissant des papiers ou en jouant d’une guitare préparée dans leur salle de classe.

Anastasia Chernigina et Raphael Bruni s’adressent, pour leur part, à des adolescents, à qui ils confient des enregistreurs et qu’ils guident dans la composition d’une œuvre faite de collages des sons collectés.

Mat Eric Hart donne à entendre le fruit de voyages plus lointains. Sur la montagne Dewa Sanzan, au nord-est de l’île de Honshū, l’île principale du Japon, sa pratique de l’enregistrement s’apparente à une forme de méditation.

C’est avec des personnes en situation de handicap cognitif ou mental que Matteo Olivo partage les outils très pratiques qu’il développe pour la reproduction de paysages sonores.

Réunies dans le collectif dB, deux Québécoises, Magali Babin et Chantal Dumas, balisent un quartier de Montréal de panneaux de métal donnant des conseils d’écoute spécifiques à chaque emplacement.

Toute l’après-midi se bousculent ainsi des univers sonores d’une réjouissante diversité. Bien sûr, l’ensemble de ces espaces de subjectivité se superposent et ne forment au final qu’un seul et même monde, un monde qu’une infinité d’oreilles tente de déchiffrer. Les paysagistes sonores sont là pour les aider…

Image de têtière : François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site web de Pepason, l'association qui a organisé le Forum
Le site web de Benoît Frech
La plate-forme participative de Caroline Boë 
La page Bandcamp de Xavier Saïki
Le site web de Mat Eric Hart
Le site web de Matteo Olivo
La carte interactive réalisée par Magali Babin et Chantal Dumas

Commentaires

  1. Gilles Malatray a écrit :

    Merci pour ce retour !
    Et puis encore Anne Versailles qui nous emmène en forêt de Raismes et y crée une belle pièce sonore, le collectif APNÉES de Grenoble, qui fait sonner des lieux par des expériences sonores entre installations électroacoacoustique et improvisations instrumentales, Cécile Regnault qui, via l’école d’architecture de Lyon et La Semaine du son, propose à des étudiant de réfléchir à l’aménagement de places sonores…

  2. Benoit Frech a écrit :

    Merci à vous de ce retour qui marque l’intérêt toujours grandissant pour ces pratiques 😉

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