Portrait : Fernand Deroussen, audionaturaliste

Les enregistrements de Fernand Deroussen sont si nombreux, si riches, qu’ils constituent aujourd’hui l’un des piliers de la « Sonothèque » du Muséum national d’Histoire naturelle. L’institution a en effet publié une série complète de disques basés sur les sons qu’il a glanés dans la nature, complétés par l’apport de scientifiques (Frédéric Guilbert, Sylvain Huget, Laure Desulter-Grandcolas, Jérôme Sueur, Stéphane Puissant…).

« Je vis entre deux mondes, celui des êtres sauvages et celui de notre humanité », explique l’audionaturaliste, qui ajoute « je remarque bien qu’il est difficile à l’humain de penser partage et contemplation avec les autres êtres vivants de la planète, d’ouvrir ses oreilles à la nature pour ce quelle est, c’est à dire une évolution sonore permanente résultat de plusieurs centaine de millions d’années et qui se développe en permanence dans le présent ».


Questionnaire de 4’33

Quel son vous rappelle votre enfance ?

Fernand Deroussen : Un simple Accenteur mouchet qui chante devant moi à l’âge de douze ans au bois de Vincennes et que j’arrive à identifier par son chant

Quel est votre son favori aujourd’hui ?

Fernand Deroussen : Celui que je m’apprête à enregistrer et à découvrir ! Cette question n’a pas de sens à mon point de vue, car, avec une sonothèque de plus de 70 000 enregistrements sélectionnés, vous imaginez qu’il est impossible de faire un choix. La nature offre des sons et ambiances incroyables et infinies qu’il faut simplement apprendre à écouter pour ce qu’elles sont.

Quel bruit vous horripile ?

Fernand Deroussen : Le moteur bien sûr, sous toutes ses formes. Je suis en permanence en quête du « silence des hommes » et surtout pas du silence de la nature.

Quelle mélodie vous vient en tête lorsque vous vous promenez dans la nature ?

Fernand Deroussen : Le Parrain. La musique du film, signée Nino Rota, a un rythme très lié à la nature.

Si l’une de vos connaissances s’intéressait soudain au rapport entre musique et nature, que lui conseilleriez-vous d’écouter ou de lire en premier ?

Fernand Deroussen : Retrouver l’écoute lointaine, projeter son écoute au-delà des quelques mètres cubes sonores que le monde moderne nous impose. Je ne conseillerai pas spécialement un livre car je suis un homme d’écoute et lit assez peu. Plutôt un CD, comme ma dernière réalisation liée au COVID : Silence des hommes. Je conseillerais aussi à l’auditeur de se munir d’un carnet de note et d’écrire en balade, à des moments de réflexions, les impressions sonores du lieu, magnifique exercice qui parfois permet de mettre ses propres mots sur des sons.

Photo de têtière : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site de Fernand Deroussen : https://naturophonia.jimdo.com/

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