[Portrait] François Mauger, journaliste

A 50 ans, François Mauger a déjà derrière lui un grand nombre d’aventures professionnelles. Après des études de lettres et de nombreux voyages, il a été le directeur commercial d’une radio privée burkinabè, commercial pour un label antillais, puis à nouveau directeur commercial, de Lusafrica – la maison de disques de Cesaria Evora – cette fois. En parallèle, il a co-écrit un essai sur l’économie de la Jamaïque avec Damien Millet et un autre sur la notion de musique équitable avec Charlotte Dudignac. Il a également conçu plusieurs compilations militantes, notamment «  Drop the debt » (Tiken Jah Fakoly, Toto la Momposina, Massilia Sound System…).

Il a ensuite co-dirigé le magazine Mondomix, co-réalisé un documentaire sur les musiques noires (pour France Ô), intégré le comité éditorial du festival Villes des Musiques du Monde… Actuellement chargé de communication de la Fondation Royaumont, il continue de collaborer avec des médias tels que A/R Magazine voyageur ou Aux Sons. Le confinement de mars 2020 lui a donné envie de fonder 4’33 magazine, pour continuer une réflexion initiée lors de la préparation de la compilation « L’Amazone » (Accords Croisés, 2019).


Le questionnaire de 4’33

Quel son vous rappelle votre enfance ?

François Mauger : Le bruit mat de la chute des marrons dans l’herbe, qui évoque la fin de l’été, le retour à l’école… Je me souviendrai toujours du grand marronnier du pavillon de mes parents.

Quel est votre son favori aujourd’hui ?

François Mauger : Le petit crachotement que produit l’aiguille lorsqu’elle se pose sur un disque. Il promet tant…

Quel bruit vous horripile ?

François Mauger : La musique, lorsqu’elle est diffusée par un téléphone portable en pleine nature. J’aime la musique mais, lorsque je vais en forêt, je lui préfère les sons de la nature…

Quelle mélodie vous vient en tête lorsque vous vous promenez dans la nature ?

François Mauger : Ce sont des mots, plutôt. Des vers de Bob Dylan ou de Jacques Brel, les bons jours, ou un refrain entendu à la radio quelques heures plus tôt. Ma tête est un juke box mal rangé…

Si l’une de vos connaissances s’intéressait soudain au rapport entre musique et nature, que lui conseilleriez-vous d’écouter ou de lire en premier ?

François Mauger : Je lui conseillerais de s’intéresser aux publications du musicologue Makis Solomos (qui promet un livre sur l’écologie pour les mois qui viennent), du sociologue François Ribac (très pertinent sur la notion d’anthropocène) ou encore du musicologue Benjamin Lassauzet. Je lui conseillerais aussi de chercher dans les brocantes Musique, mythe, nature de François-Bernard Mâche et, s’il le déniche, de me le prêter. Enfin, je lui conseillerais d’écouter les productions des audionaturalistes français : Boris Jollivet, Marc Namblard

Commentaires

  1. Fort Benard a écrit :

    Bonjour,

    Merci pour cette belle revue… je lui souhaite longue vie.
    4’33”, c’est naturellement un titre qui m’a inspiré dès le début… J.Cage reste un tel ami! Quelques temps avant sa mort, il a collaboré à certaines de mes musiques… il y a quelques années, je lui rendais hommage avec une carte de voeux sonores qui offrait aux auditeurs le chant d’une Grive musicienne de 4’33”.
    Et ce carrefour que vous favorisez entre musique et audionaturalisme me comble en réduisant cette fracture dont j’ai tant souffert entre ces deux disciplines.
    Merci à vous!

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