Instruments : la facture est lourde

Sans leur passeport, certains instruments de musique ne pourraient passer les frontières. La lutherie traditionnelle a en effet longtemps utilisé des matières dont le commerce est aujourd’hui interdit, comme l’ivoire ou les écailles de tortue. C’est la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction, qui, depuis 1975, réglemente la circulation de ces produits. Au fur et à mesure que la biodiversité décroît, de nouvelles interdictions sont édictées. Ainsi, début 2017, de nouvelles espèces de bois exotiques ont été classées comme essences à surveiller et à protéger des périls de la déforestation massive. Parmi elles, le très recherché palissandre du Brésil, notamment utilisé pour les bassons, certaines clarinettes, les éclisses de guitares, les lames de xylophone, les chevilles de violons…

Les luthiers français apprennent à s’en passer, à diversifier les essences utilisées, à chercher plus près d’eux leurs matières premières. Depuis plus de deux décennies, les initiatives se multiplient. Les fabricants d’archets, par exemple, ont uni leurs forces au sein du Programme International de Conservation du Pernambouc (IPCI) pour que cet arbre à la fois emblématique du Brésil et de leur métier échappe à la déforestation.

La question des essences rares et menacées ne concerne de toutes façons qu’une minorité de fabricants. 1,2 million d’instruments neufs sont vendus en France chaque année. La majorité vient de l’étranger, notamment de Chine qui en produit le quart. Les tarifs sont généralement bas, si bas qu’il est souvent plus rentable d’acheter un autre instrument que faire réparer celui qu’on a cassé. Les matières sont donc moins nobles. Le plastique, notamment, obtient un succès grandissant chez les acheteurs d’instruments d’étude.

L’impact écologique de ce vaste marché, estimé pour la France seule à 400 millions d’euros, reste à préciser. Mais il est déjà sûr que la facture est lourde…

Pour continuer...
Du côté des solutions, lire Opter pour un instrument respectueux de l’environnement,
lire Créer un orchestre qui ne joue que sur des instruments recyclés,
lire S’initier à la lutherie sauvage ...
Photo : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
https://www.irma.asso .fr/Il-existe-un-grand-ecart-entre-la
https://www.francemusique .fr/savoirs-pratiques/la-lutherie-est-elle-ecolo-67108
https://www.lalettredumusicien .fr/s/articles/6044_318_la-facture-dinstruments-se-reinvente-pour-repondre-aux-normes-ecologiques?idarticle=6044

Commentaires

  1. Frechet a écrit :

    Très intéressant !!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *