Pour en finir avec le silence

Soyons clair : le silence complet n’existe pas. Pas sur terre, en tout cas.

Il faudrait pour parvenir à une absence totale de son une disparition de toute vie, de tout mouvement, ou de milieux de propagation acoustique tels que l’air ou l’eau, ce qui n’est évidemment pas souhaitable.

Ce que nous appelons « silence » est donc très subjectif : il ne s’agit pas d’une suppression de tout bruit mais simplement d’un éloignement de ceux qui d’ordinaire retiennent notre attention.

Revendiquer le silence peut avoir plusieurs sens : quémander le droit de laisser son écoute en suspens, demander à percevoir des signaux aussi ténus que le bruit d’un vent faible dans les feuilles d’un arbre…

Le compositeur John Cage, l’auteur de 4’33, répondait ainsi, lorsqu’on lui demandait de définir le silence : « Tous les sons que je ne détermine pas. Écoutez. Vous entendez des bruits de machines dans la cour, et ces voix ! Eh bien, c’est comme ça que je fais ma musique. J’écoute la nature même du son ». Il ajoutait même « d’ailleurs, n’importe lequel de ces sons que vous percevez çà et là est aussi intéressant que toute la musique que j’ai pu écrire » mais on lui laisse l’entière responsabilité de cette déclaration.

Photo : Cénel et François Mauger
Pour aller plus loin...
Jean-Yves Bosseur : John Cage (Minerve)

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