La Superlative : «  Il n’y a pas de lien naturel entre les musiques électroniques et l’écologie »

Comment continuer à faire la fête dans un monde en crise ? Quelles sont les forces de nos festivals, de nos soirées ou de nos clubs qui leur permettront de résister aux changements à venir ? Le samedi 8 août, le collectif La Superlative investira le parc des Berges, à Bordeaux, pour se poser ces questions avant de monter le son. Alexandre Desbordes, le président de l’association présente Natural Interlude, une journée hybride, pensée comme un carrefour entre la fête et la réflexion…

Qu’est-ce que le Natural Interlude que vous proposez le 8 août a de particulier ?

Alexandre Desbordes : « Ce qu’il a de particulier, c’est de proposer une conférence avant les prestations musicales. Ce sera une conférence d’un biologiste qui s’appelle Laurent Bouquet. Il a cofondé l’un des premiers éco-villages français. 25 ans plus tard, il continue de chercher des façons concrètes de vivre sans abîmer ce qui nous entoure. Aujourd’hui, il transmet notamment la notion de « robustesse » développée par le biologiste Olivier Hamant. Selon lui, il faut arrêter de tout optimiser pour la performance et construire à la place des systèmes capables d’encaisser les chocs qui viennent. C’est une idée qui est née de l’observation du vivant et qui s’applique aussi bien à une ferme qu’à une ville, voire à un festival. Il ouvrira Natural Interlude avec un débat sur ce qu’on gagne à ralentir, avant le premier DJ set. Il y aura Donna Gibson, d-Board (c’est moi) et Coffiiz, puis un live de notre tête d’affiche, Lavion, avant qu’on aille juste en face, à Bien Public, où joueront Pastel, Zimmer et Fruckie. »

Quel lien faites-vous entre les musiques électroniques et l’écologie ? Le point commun, est-ce un même public ?

Alexandre Desbordes : « Ce qui nous semble intéressant, à la base, c’est qu’il n’y a pas de lien naturel entre les musiques électroniques et l’écologie. C’est tout l’intérêt de combiner les deux : on va toucher un public qui n’est pas forcément acquis à la cause de l’écologie. L’univers des musiques électroniques est de plus en plus eco-friendly, de plus en plus sensible à la protection de l’environnement et de la biodiversité, mais ce genre de musique réunit des milieux et des générations différentes, avec des rapports à l’environnement différents. L’objectif est de toucher de nouvelles personnes, c’est là qu’on aura un réel impact. Les conférences à propos de l’écologie n’attirent, elles, que des gens qui sont déjà convaincus. »

Comment réagit votre public à cette proposition ?

Alexandre Desbordes : « L’intérêt est évident. Il se manifeste d’abord chez ceux qui nous prêtent des lieux, qui sont ravis d’agir pour la protection de l’environnement. L’écologie est mise en avant dans notre communication. Le public est réceptif. On l’a vu récemment aux Vivres de l’Art, les anciens abattoirs des vivres de la Marine de Bordeaux : 300 personnes ont répondu présent. Cette année, on a décidé de réduire le nombre d’événements pour parvenir à des événements qui fonctionnent mieux et qui sont pensés dans leur globalité. Natural Interlude sera notre événement majeur. »

Photo de têtière : François Mauger
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