A Londres, les majors s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre

La COP 26 n’aura peut-être pas été totalement inutile. La Conférence sur les changements climatiques qui s’est tenue à Glasgow en novembre 2021 a eu un effet sur les décideurs de l’industrie musicale. Les branches anglaises des trois plus puissantes firmes du secteur (généralement appelées les « majors ») – Sony, Universal et Warner – viennent de décider de rejoindre une dizaine de labels indépendants pionniers dans un « Music Climate Pact ».

En signant ce pacte, tous s’engagent à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre. D’ici février 2022, chacun des labels concernés doit avoir signé la lettre d’engagement de la « Science Based Targets initiative » (un projet du Carbon Disclosure Project, de l’United Nations Global Compact (UN Global Compact), du World Resources Institute (WRI) et du WWF (World Wide Fund for Nature)) ou rejoint le programme « Race to Zero » (« Course au zéro ») de l’ONU. L’un comme l’autre ont pour objectif de réduire de moitié les émissions d’ici 2030 et d’atteindre le fameux « zéro net » d’ici 2050.

Outre ces réductions, le pacte est un engagement à « travailler ensemble en tant qu’industrie pour établir des méthodologies, des outils et des cadres de mesure du carbone émis » et à contraindre les plateformes de streaming à communiquer leurs données et à « piloter des projets de réduction des émissions de manière collaborative ». Les signataires promettent également de « soutenir les artistes qui s’expriment sur les enjeux climatiques » et de « communiquer ouvertement avec les fans sur les impacts de l’industrie musicale ».

Les 14 premiers signataires sont Anjunabeats, Beggars Group, BMG, Brownswood Recordings, Full Time Hobby, Inside Recordings, !K7 Music, Ninja Tune, Partisan Records, Secretly Group, Sony, Universal, Warner et Warp. La présence des majors dans cette coalition conçue par l’association des labels indépendants, AIM, a de quoi surprendre. Ces trois sociétés sont issues d’un siècle entier d’opérations de rachats et de concentration. Leur catalogue est exceptionnel (les plus grands artistes du vingtième siècle y figurent) mais elles sont toutes cotées en bourse et se doivent de clore chaque année par l’annonce de bénéfices en hausse à leurs très nombreux actionnaires. Si ces sociétés éminemment capitalistes progressent réellement vers un monde sans carbone, c’est vraiment que rien n’est impossible…

Photo de têtière : François Mauger
Pour aller plus loin...
Le site web de "Music Climate Pact"
Le site web de la "Science Based Targets initiative"

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